Qu’est-ce que le CPL chez le cheval ?
CPL signifie Lymphœdème Chronique Progressif. Il s’agit d’une affection évolutive dans laquelle le drainage lymphatique des membres ne fonctionne pas correctement. Cela entraîne une accumulation de liquide, provoquant un épaississement de la peau, des gonflements et des modifications au niveau des membres inférieurs. Le CPL est une affection chronique qui peut s’aggraver lentement et qui n’est pas curable, mais qui peut souvent être bien accompagnée avec des soins appropriés.
Comment le CPL se développe-t-il ?
Le CPL résulte d’un dysfonctionnement du système lymphatique. La lymphe n’est pas suffisamment drainée et s’accumule dans les tissus. Il existe souvent une prédisposition héréditaire, en particulier chez les races rustiques avec beaucoup de fanons, comme les chevaux de trait et les races de sang froid. De plus, des facteurs environnementaux, des problèmes cutanés et des infections peuvent aggraver les symptômes, mais ils ne constituent généralement pas la cause initiale.
Comment reconnaître le CPL (même à un stade précoce) ?
Au début, le CPL peut être difficile à identifier. Les premiers signes sont souvent très discrets et peuvent ressembler à la gale de boue, mais ils doivent être pris au sérieux. Il peut s’agir notamment de :
- Épaississement des membres inférieurs, surtout au niveau du paturon
- Peau rigide ou plissée
- Croûtes ou crevasses récurrentes
- Desquamation de la peau des membres
- Diminution de l’élasticité de la peau
- Parfois des démangeaisons ou une sensibilité accrue
À un stade plus avancé, les membres peuvent devenir nettement plus volumineux et les modifications cutanées de plus en plus visibles. Le risque d’un phénomène dit d’« enfermement » augmente alors, où les liquides et les déchets sont en quelque sorte piégés dans les tissus. Ces symptômes peuvent être très douloureux pour le cheval et rendre les déplacements sensiblement inconfortables.
Le CPL est-il mortel ?
Le CPL n’est pas directement mortel, mais comme mentionné précédemment, il s’agit d’une affection évolutive pouvant avoir un impact important sur le bien-être du cheval. Lorsque la maladie est détectée tôt et accompagnée de manière cohérente, il est souvent possible de maintenir une situation stable pendant une période prolongée. Toutefois, il existe fréquemment des périodes de l’année où les symptômes peuvent s’aggraver temporairement, nécessitant une vigilance accrue et une adaptation des soins. Dans les cas sévères, la qualité de vie peut être compromise.
Accompagnement et traitement du CPL
Le CPL ne peut pas être guéri, mais il peut être pris en charge. Le système lymphatique étant surchargé, l’objectif est de maintenir le cheval aussi confortable que possible, de soutenir la santé de la peau et de stimuler le drainage lymphatique.
Les piliers essentiels sont :
- Alimentation : une base sobre et riche en fibres avec suffisamment de foin de bonne qualité, et une limitation des sucres, de l’amidon, des céréales, de la mélasse et des mash riches en sucres. En complément, les acides gras issus du lin et la vitamine E peuvent soutenir l’élasticité de la peau.
- Exercice : stimule la circulation sanguine et le drainage lymphatique.
- Tonte ou maintien des fanons courts : facilite grandement le contrôle et permet de détecter et de traiter plus rapidement les crevasses, plis et squames. La tondeuse sans fil et compacte Sectolin Clipper Pro SE-210 peut être un outil pratique pour garder les paturons bien dégagés.
- Maintenir la peau souple : par exemple avec Pet’s Relief Derm-10, afin de prévenir les crevasses et la formation de tissu cicatriciel.
- Traiter rapidement les infections : pour éviter toute aggravation.
- Soins attentifs des plaies et crevasses : pour prévenir la formation de cicatrices.
- Drainage lymphatique : peut avoir un effet de soutien chez certains chevaux.
- Traitement rapide des infestations de mites : afin d’éviter des lésions cutanées plus graves.
- Gestion du poids : maintenir le poids du cheval sous contrôle.
En cas de CPL sévère, le traitement complémentaire par le vétérinaire se concentre principalement sur la prise en charge des complications et l’amélioration du confort. Cela peut inclure l’utilisation d’antibiotiques ou d’antifongiques en cas d’infections, de médicaments anti-inflammatoires ou d’analgésiques en présence de gonflements et de sensibilité marqués, ainsi qu’un traitement ciblé contre les mites lorsqu’elles jouent un rôle.
CPL ou gale de boue : quelle est la différence ?
La gale de boue et le CPL sont souvent confondus. La gale de boue est une inflammation cutanée, généralement causée par l’humidité, des bactéries ou des champignons. Le CPL, en revanche, est un problème chronique du système lymphatique. Bien que des symptômes similaires à la gale de boue puissent apparaître dans le cadre du CPL, la cause sous-jacente est différente. L’approche thérapeutique l’est donc également et s’inscrit souvent dans la durée. Faites toujours appel à votre vétérinaire pour identifier correctement la situation et mettre en place le traitement adéquat.
L’influence des mites
Chez les chevaux atteints de CPL, les mites jouent régulièrement un rôle. Les démangeaisons et les lésions cutanées peuvent aggraver les symptômes et favoriser l’apparition d’infections. Un contrôle rigoureux et, si nécessaire, un traitement ciblé contre les mites constituent donc une part essentielle de la prise en charge des chevaux atteints de CPL. Après un traitement, il est particulièrement important de soutenir et de renforcer la barrière cutanée des membres afin de rendre la peau plus résistante aux agressions extérieures. Surtout pendant les saisons humides, lorsque la peau est exposée durablement à l’humidité et à la saleté, la protection et les soins de la peau peuvent aider à prévenir de nouveaux problèmes.
Conseils pratiques et soutien
En plus des soins quotidiens et d’une bonne gestion, un soutien complémentaire peut aider à maintenir la santé de la peau et des tissus sous-jacents chez les chevaux atteints de CPL. Il peut s’agir de compléments à base de plantes, susceptibles de favoriser le drainage des fluides, la résistance et la circulation, et qui sont souvent utilisés sur le long terme.
Les soins externes sont également importants. Une crème nourrissante ou un spray peut aider à maintenir la peau souple et à la protéger contre le dessèchement, notamment en cas de crevasses ou de peau épaissie. Des produits naturels tels que l’huile de coco sont parfois utilisés, à condition que la peau soit propre et sèche.
Par ailleurs, certains propriétaires de chevaux optent pour des plantes séchées, telles que l’ortie ou des mélanges drainants, en complément de la ration. Le soutien le plus approprié varie selon le cheval et le stade de la maladie. Une combinaison de soins, d’une alimentation adaptée et d’un soutien complémentaire contribue à préserver le confort du cheval de manière optimale.
Vous avez des doutes concernant les membres de votre cheval ?
En cas de doute, il est toujours conseillé de faire examiner les membres de votre cheval par un vétérinaire. Un diagnostic précoce peut contribuer à des options de traitement adaptées et aider à maintenir la situation stable le plus longtemps possible.
Avez-vous encore des questions après la lecture de ce blog concernant le CPL, sa prise en charge ou les produits de soutien ? N’hésitez pas à contacter notre équipe vétérinaire à l’adresse veterinaire@medpets.fr.